C’est, semble-t-il, la docteur en biophysique médicale Sarah Ballantyne (Canada – USA) qui, la première, a utilisé le mot « nutrivore » pour définir une approche alimentaire ancienne et tellement logique qu’elle n’était jusqu’alors définie par aucun mot. Les évolutions modernes, bonnes ou mauvaises, nous amènent parfois à baptiser des usages ou des comportements qui, jusque-là, allaient de soi et qui, une fois mis en concurrence avec leurs pendants contemporains, doivent être dénommés ou identifiés.
Parce que oui, l’alimentation « nutrivore » allait de soi. Les lois naturelles, couplées à la rudesse des temps anciens avaient lentement effectué leur travail sélectif. Pour survivre à ces époques difficiles où les soins étaient encore rudimentaires, nos ancêtres devaient maintenir une santé de fer. Si leur organisme était mal nourri ou carencé comme l’est trop fréquemment celui de nombreux êtres humains à notre époque, alors la maladie ou la blessure ne pardonnait pas.

Ce qui était vrai à l’échelle de l’individu l’était d’autant plus à l’échelle collective. Une tribu ou un peuple qui ne savait tirer de son environnement les nutriments nécessaires à la santé n’avait guère de chance de survie sur le long terme.
De cela découle que, chez tous les peuples anciens et sur tous les continents, on retrouve cette recherche et inclusion dans la diète d’aliments particuliers et très riches sur le plan nutritionnel, et l’utilisation de techniques particulières de préparation des aliments, qui permettent d’en tirer le meilleur. Soupes de têtes de poisson, consommation d’organes divers, utilisation fréquente de la fermentation, trempage de certains aliments dans différents milieux etc. Les exemples dans les diètes traditionnelles du monde entier sont nombreux.

Nos aïeux avaient également en commun la sacralisation de l’alimentation, en particulier celle soutenant la procréation. Ils l’avaient bien saisi : leur survie dépendait grandement de leur capacité à se nourrir, eux et leur descendance, de manière adéquate. Et c’est sur cette « manière adéquate de se nourrir » que la Dr. Ballantyne a apposé le mot « nutrivore ».
Elle l’a défini de la manière suivante :
« Perhaps the better label is the word “nutrivore”, meaning that we choose foods based on their nutritive value, the quantity and quality of micronutrients they provide, and aiming for diversity of nutrients in order to get the full complement of nutrients that our bodies need to thrive. »
En français :
« La meilleure appellation est peut-être le mot « nutrivore », ce qui signifie que nous choisissons des aliments en fonction de leur valeur nutritive, de la quantité et de la qualité des micronutriments qu’ils fournissent, et visons la diversité des nutriments afin d’obtenir la totalité des nutriments dont notre corps a besoin pour prospérer. »
D’autres professionnels de la nutrition et de la santé se sont depuis engouffrés dans la brèche et ont participé à définir les fondements de l’alimentation nutrivore, une alimentation qui se veut « adaptée à l’humain ». Bien sûr, ces fondements doivent être suffisamment larges et peu restrictifs pour pouvoir s’adapter aux différents environnements et individus. En effet, les produits disponibles n’étaient pas les mêmes sur les rudes Hébrides de l’Atlantique Nord, dans les savanes du Kenya ou dans les contreforts alpins de Suisse centrale. Pourtant, l’être humain a pu survivre à ces différents milieux en y dénichant les aliments qui lui permettaient de se constituer une alimentation suffisamment riche, c’est-à-dire « nutrivore ».

Cette alimentation s’appuie donc sur 3 grands principes fondamentaux et immuables, qui sont les « plus petits dénominateurs communs » de toutes les diètes traditionnelles :
- Sélectionner des aliments à haute valeur nutritive
- Associer les aliments dans le but de couvrir tous les besoins de l’organisme
- Préparer et cuisiner de manière à optimiser la valeur nutritive et à limiter les toxines
Chacun de ces 3 principes fait l’objet d’un article plus détaillé :
Premier principe : la sélection des aliments
Second principe : l’association optimale des aliments
Troisième principe : préparer et cuisiner de manière optimale
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